Dr Momar Thiam : « La campagne, un moment de communion et de communication entre un candidat et les citoyens-électeurs »




Comme aime l’enseigner si bien le Dr Momar Thiam, professeur en communication, la campagne électorale d’une présidentielle est le théâtre d’une mobilisation importante pour la conquête d’un mandat ou sa préservation. En pratique, le suffrage universel recourt à de nombreuses techniques visant à recueillir un nombre suffisant de voix pour être élu ou réélu. Parmi ces techniques, on peut citer les meetings durant lesquels le candidat s’adresse à des individus venus l’écouter pour des raisons variées ; les campagnes d’affichage permettant d’occuper l’espace visuel et de marquer le territoire ; les porte-à-porte afin de sensibiliser directement les habitants et voisins ; les collectes de 

fonds et les comités de soutien utiles pour financer la campagne et asseoir une légitimité à candidater etc… selon Dr Thiam, une campagne électorale comme celle que nous vivons au Sénégal, est un grand moment de communion et de communication entre un candidat et les citoyens électeurs. ainsi, poursuit-il, les candidats redoublent de stratégies et de méthodes d’approche des électeurs afin de chercher à les convaincre pour recueillir leurs votes. 

«Aujourd’hui, force est de constater qu’avec l’explosion des nouvelles technologies de l’information et de la communication, avec son lot de possibilités qu’offrent les réseaux sociaux, la panoplie des méthodes de campagne électorale s’est enrichie de nouveaux outils qui permettent un contact direct sans filtre avec les électeurs, avec des schémas de rétroactivité (feedback) qui offrent l’opportunité au candidat de redimensionner son discours ou son offre politique ou d’opérer des rectificatifs en fonction des demandes et recommandations suggérées » explique le premier conseiller en communication de Me Abdoulaye Wade après son accession à la présidence de la république en 2000. 
Notre docteur en communication semble donc être le mieux placé pour nous dire que les nouvelles méthodes de campagne viennent en appui aux meetings classiques et aux porte-à-porte largement plébiscités par le marketing politique et électoral. « Cependant, ce sont deux méthodes qui s’inscrivent dans des registres différents et complémentaires et qu’il faut savoir doser en fonction des enjeux et des objectifs du moment » précise-t-il dans le Témoin. Il est vrai que le porte-à-porte obéit à une logique de « proximité relationnelle » qui permet de parler directement à l’électeur potentiel (qui peut être un citoyen lambda mais aussi un leader d’opinion ou un groupe de personnes influentes en fonction de leurs statuts) et permettre un échange sur des sujets qui l’intéressent et qui peuvent impacter sur sa personne. « Vous voyez, le porte-à-porte est donc une marque de considération envers la personne visitée, ce que les « Wolof » appellent communément le « yeuk » tant considéré dans la société sénégalaise. C’est une opération qui a acquis ses lettres de noblesse pendant la campagne du candidat Wade en 2000 avec la marche bleue » explique Dr Momar Thiam avant de souligner que le grand meeting, lui, s’inscrit dans le registre de la mobilisation et de l’animation-spectacle. « C’est une manière pour le candidat de mesurer momentanément sa popularité et sa capacité de mobilisation des partisans et autres personnes désireuses de le découvrir. Nous sommes dans le cadre de la campagne-spectacle qui mobilise et qui permet de s’assurer une plus-value médiatique de taille, puisque la mobilisation des médias est au maximum pour la recherche de « la petite phrase ou de la formule qui fait mouche » ou de l’image à immortaliser » explique l’initiateur du concept « le Sénégal qui gagne » de 2000 sous l’ère de Me Wade. En tout cas, Dr Momar Thiam est convaincu que la communication sur les offres politiques, mais aussi l’image des candidats présents le temps d’une campagne électorale se jouent, en partie, autour de ces deux démarches. On espère que nos candidats à l’élection présidentielle de dimanche prochain en ont usé, et sans doute abusé !

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